Anna Mouglalis et Anouk Grinberg se mobilisent contre la tournée de Patrick Bruel
Anna Mouglalis s’impose aujourd’hui bien au-delà des écrans. Comédienne franco-grecque au parcours singulier, elle est devenue l’une des figures les plus engagées de la scène culturelle française, portant avec intensité des combats féministes tant sur les planches de théâtre que dans l’espace public.
Une artiste ancrée dans le féminisme
Depuis plusieurs années, Anna Mouglalis assume pleinement une identité militante. Dans des interviews récentes, elle confie se définir comme « Gréco-Bretonne », revendiquant des racines plurielles qui nourrissent sa sensibilité. Son engagement féministe ne se limite pas aux déclarations : il traverse son travail artistique de manière profonde et cohérente.
Elle a notamment évoqué la question du désir et du consentement, estimant que la société devrait aller plus loin que la seule notion de consentement pour embrasser pleinement celle du désir — une réflexion qui illustre la profondeur de sa pensée sur les rapports entre les genres.
La Chair est triste, hélas : un projet théâtral fort
L’un des projets les plus marquants de ces derniers mois est son interprétation scénique de l’œuvre d’Ovidie, La Chair est triste, hélas, un texte féministe dans lequel Mouglalis incarne la réalisatrice et autrice elle-même. Le spectacle est décrit comme un cri de colère autant qu’une réflexion sur le corps, la sexualité et le pouvoir.
La presse salue unanimement sa prestation, certains critiques la qualifiant de « royale » dans ce rôle exigeant. C’est aussi par sa voix qu’elle porte l’appel à la grève du sexe lancé par Ovidie — une voix au sens propre comme au figuré, puisque Mouglalis est réputée pour son timbre grave et envoûtant, devenu une signature artistique à part entière.
Une histoire familiale marquée par la violence
Dans un registre plus intime, Anna Mouglalis a accepté de se confier sur des pages douloureuses de son histoire familiale. Elle a révélé que son arrière-grand-mère avait été victime d’un féminicide — une confidence rare qui éclaire d’une lumière personnelle son engagement contre les violences faites aux femmes. Loin d’être un combat abstrait, le féminisme est pour elle une réalité transmise de génération en génération.
Engagée dans les débats publics
Son militantisme dépasse le cadre du théâtre. Anna Mouglalis a cosigné, aux côtés d’Anouk Grinberg et d’autres personnalités du monde de la culture, une pétition réclamant l’annulation de la tournée du chanteur Patrick Bruel, visé par des accusations de comportements déplacés. Dans cette pétition, elles interrogent la capacité de la justice à se prononcer sereinement sur ce type d’affaires, posant la question de la responsabilité du monde du spectacle face aux accusations de violences sexuelles.
La transmission : sa fille sur les traces de ses parents
Sur le plan familial, Anna Mouglalis — qui a eu une fille avec le réalisateur Samuel Benchetrit — voit celle-ci se lancer à son tour dans le métier. La jeune femme fait ses débuts dans une comédie aux côtés de l’actrice Laure Calamy, et semble avoir hérité du talent de ses parents.
Conclusion
Anna Mouglalis est bien plus qu’une actrice reconnue : elle est une voix qui compte dans le débat féministe contemporain. Que ce soit sur scène, dans les médias ou dans l’espace civique, elle choisit ses batailles avec conviction et les mène avec une cohérence rare. À l’heure où la culture est sommée de se positionner sur les violences de genre, son engagement résonne comme une nécessité autant qu’un choix artistique assumé.









